samedi, février 25, 2012

Et si le bon sens l'emportait?

L'affaire Saint-Luc / Hôtel est en apparence complètement bloquée. D'une part, la Ville s'entête à vouloir installer un hôtel, de sous-catégorie, au pied de la cathédrale, à l'emplacement des Anciens Prêtres et de l'ancienne Bibliothèque, et ce faisant, elle prend le risque de voir l'UCL mettre la voile en direction de Mons. D'autre part, Mgr Harpigny oppose une fin de non recevoir à ceux qui veulent disposer du Séminaire pour y installer l'école d'Architecture. Au milieu du gué, les pragmatiques, qui souhaitent conserver Saint-Luc à Tournai, et les défenseurs d'une certaine image de la ville et du patrimoine sont pris en otage.
Des deux côtés, les positions sont tranchées. À  l'évêché, on n'hésite pas à affirmer que le Séminaire appartient au Séminaire, et rien qu'à lui, fermant la porte à toute discussion avec la Province qui prétend quant à elle le contraire, n'hésitant pas à brandir le spectre d'un combat juridique qui ne manquerait pas d'être mémorable. À la Ville et à la Province, on laisse courir d'ores et déjà le bruit, au moins à mi-mots qu'en cas de départ de l'UCL de Tournai, la responsabilité en incomberait à l'évêque de Tournai. Ambiance !
La solution ne pourra, comme toujours, venir que d'un compromis, un compromis qui pourrait être le suivant :
Les Anciens Prêtres et l'ancienne Bibliothèque totalisent quelque 5.000 m2 de surface, alors que Saint-Luc a besoin d'au moins 7.000 m2. L'UCL, qui s'est portée acquéreur des Anciens Prêtres et de la Bibliothèque, a d'ores et déjà fait savoir qu'il lui faudrait trouver un complément de surface à concurrence d'au moins 2.000 à 2.500 m2 pour ses classes "ateliers".

Pourquoi, dès lors, ne pas régler ce problème en permettant à Saint-Luc d'occuper deux à trois niveaux de l'une des ailes du Séminaire (l'aile sud par exemple, côté Palais de Justice), à hauteur des 2.000 à 2.500 m2 manquants ? Eu égard à la place disponible dans ce bâtiment, le Séminaire devrait pouvoir être en mesure de loger ses fonctions et ses activités dans le reste du bâtiment, dans l'aile nord de la cour d'honneur, dans l'aile transversale et dans l'aile nord à l'arrière, celle où se trouve la bibliothèque du Séminaire.
De la sorte, l'Évêché ferait montre d'une ouverture positive et d'une prise en compte de la chose publique. La Province, en contrepartie, s'engagerait à ne plus remettre en question la présence du Séminaire et ses fonctions multiples dans le restant des bâtiments. La Ville, quant à elle, ferait également une partie du chemin en acceptant de vendre à l'UCL les Anciens Prêtres et l'ancienne Bibliothèque.
L'opération serait, in fine, bénéficiaire pour tous :
- L'évêché aurait de la sorte vidé un contentieux l'opposant à la Province qui était de plus en plus lourd ;
- La Province aurait de son côté clarifié un dossier, permettant d'apporter sa pierre à la solution d'un enjeu essentiel pour la Ville de Tournai ;
- Saint-Luc disposerait de la surface nécessaire à ses enseignements, qu'elle répartirait sur les deux sites des Anciens Prêtres / Bibliothèque et du Séminaire, jouissant d'une superbe visibilité au pied de la cathédrale ;
- Tournai tirerait profit de cette implantation, tant en terme de masse critique d'un point de vue culturel et intellectuel, que d'un point de vue commercial au sens large ;
- Le CPAS toucherait enfin le produit de la vente qu'il attend depuis tant d'années ;
- Les abords de la cathédrale seraient préservés, au bénéfice d'une mise en valeur de sa superbe nef romane, pour le plus grand profit tant des Tournaisiens qui aiment leur ville que du développement du tourisme.
Quant au fameux hôtel de qualité, d'ailleurs entre-temps devenant un hôtel de catégorie moyenne du genre IBIS ou MERCURE, rien n'empêche d'aller l'implanter en un autre lieu: Casino, Ilôt Palace, etc. Au pouvoir communal, après tout, de tirer les conséquences et d'assumer la responsabilité de ses choix antérieurs !

samedi, février 04, 2012

Un coup de poker très risqué

Ce matin, l’Avenir faisait état de nouveaux intérêts autour de l’Hôtel des Anciens et l’ancienne bibliothèque communale. Tandis que l’UCL fait une offre ferme pour l’achat de l’ensemble, un groupe hôtelier serait intéressé d’y implanter un hôtel 3 étoiles, ce qui correspond au rêve des autorités communales. La Ville donne priorité à l’hôtel et se lance ici dans une belle partie de poker, comme le souligne très bien cet article. Ce genre de partie où on peut tout perdre, faute de prudence, nourrie par un souci égocentrique de vouloir sortir de scène la tête haute, comme tous les joueurs compulsifs.

Pourtant, au début de cette nouvelle partie, la raison voudrait rappeler que :
  • En ces temps de crise, on privilégie une rentrée d’argent pour le CPAS qui en a bien besoin pour venir en aide aux plus faibles. Pour rappel, le CPAS est propriétaire de l’hôtel des Anciens Prêtres.
  • Il est important que, à l’heure où l’Eurométropole fait de l’emploi et de la formation une priorité pour le développement économique, Tournai conserve la seule formation universitaire encore dispensée dans notre ville. Que ce soit au pied de la cathédrale ou ailleurs.
  • Qu’il est inconcevable que, pour des besoins privés, on construise sur l’espace public. Je ne peux ici que vous remémorer mes articles concernant le PRU.
  • Que le développement économique de Tournai ne passe pas par la venue d’un hôtel au pied de la cathédrale, surtout quand il se fait au détriment d’autres intérêts. Comme j’avais pu le dire lors d’un article précédent, il est urgent d’agir pour le développement économique global du centre-ville. Des commerces ferment et on risque de se retrouver avec une revitalisation urbaine sans aucune dynamique. Qu’on ne me dise pas que la venue d’un hôtel à la rentabilité hypothétique fera des miracles ! C’est vraiment prendre les gens pour des idiots. Je ne suis pas contre la venue d’un hôtel implanté sur un espace disponible et adéquat mais celui-ci ne serait que le maillon d’une dynamique. Mais, il ne faut pas rêver, ce ne sera jamais un moteur.
Vouloir implanter un hôtel de qualité relève donc, à l’épreuve des arguments cités ci-dessus, plus d'un égocentrisme exacerbé de politiciens en pré-retraite que d’une vision raisonnable, dynamique et pragmatique pour notre ville. De cela, j’en suis absolument convaincu.

samedi, janvier 21, 2012

Elections 2012: début de liste cdH

Jeudi dernier, le cdH de Tournai a arrêté une partie de sa liste pour les élections communales de 2012. Pendant un peu plus d'un mois, j'ai fait partie du comité restreint qui a proposé au comité cette ébauche de liste. Je souscris donc à sa philosophie. La voici:

1. Jean-Marie Vandenberghe 2. Hélène Clément-Couplet 3. Monique Willocq 4. Michel Leclercq 5. François Schillings 6. Solange Castrique 7. Christophe Deman 8. Xavier Decaluwé 9. Candidate d'ouverture 10. Thierry Vandeghinste.

Dans la presse de ce matin, je remarque qu'on s'étonne de l'absence d'Yves De Greef. Il faut rappeler que lui-même avait rejeté cette possibilité lors de virulentes charges médiatiques. A aucun moment, la porte ne lui a été fermée, bien au contraire.

Néanmoins, pour ma part (j'insiste sur ce point), après les attaques d'Yves De Greef vis-à-vis du cdH, j'aurais eu beaucoup de mal à mener une campagne dans ces conditions.

mercredi, décembre 28, 2011

Il est urgent d'agir!

J’ai lu avec beaucoup d’attention les articles de presse concernant le commerce du centre-ville de Tournai ces derniers jours. Il est vrai que la situation est dramatique pour de nombreux indépendants. Même s'il ne se fait pas sans douleur, le programme de rénovation du cœur de ville doit en effet permettre une attractivité nouvelle au centre-ville.

Néanmoins, comme certains l’avaient déjà souligné lors de la présentation publique de l’auteur de projet, le changement ne doit pas être que cousu de fil d’or. Il faudra mener une politique attractive pour faire venir de nouveaux commerces en centre-ville. Pourtant, j’ai l’impression que les autorités communales font tout le contraire, notamment à travers le dossier des Bastions. En effet, le développement commercial se fait sans aucune structure puisque, depuis plusieurs années, il devrait y avoir un schéma de développement commercial.

Depuis plus de trente ans, on nous fait croire que les noyaux commerciaux (Bastions, centre-ville, Froyennes) sont complémentaires. Ce l’était hier, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, la saturation automobile, l’inadaptation de la mobilité au centre-ville ainsi que les modifications des modes de consommation ont créé un déséquilibre au profit des centres commerciaux. Sans volonté politique, la rénovation et l’agrandissement du centre commercial des Bastions ne feront qu’accroître ce phénomène. De ce point de vue, Tournai va à l’encontre de la logique proposée à Mons et à Courtrai qui ont réussi, elles, à équilibrer les choses.

Prenons l’exemple du centre-ville montois qui subit une concurrence féroce de la part des Grands Prés mais aussi d’autres noyaux commerciaux à Jemappes, Hornu et Maisières. Pourtant, le piétonnier de la Cité du Doudou est vivant avec des grandes enseignes que nous ne pouvons plus imaginer accueillir à l’ombre de la Cathédrale. Quelle est la recette du succès montois ? Une politique volontariste d’accueil des investisseurs de la part des autorités communales et une gestion foncière optimale. C’est ainsi qu’avec tous les acteurs du développement économique dont la société gestionnaire des Grands-Prés, la Ville de Mons a créé trois fonds d’investissement (Mons.appui, Mons.rénovation, Mons.revitalisation) afin de réhabiliter des chancres commerciaux, de combattre la spéculation immobilière et d’aider les petits indépendants à se lancer. Mons a donc réussi à redynamiser son centre-ville mais à aussi préserver une solidarité entre les différents noyaux commerciaux de la Ville.

Tournai devrait s’en inspirer si elle ne veut pas que son centre-ville ne se résume qu’à des activités Horeca et des magasins de nuit, propices à l’insécurité. De plus, elle cultive depuis plusieurs années des chancres qui pourraient être exploités. Je pense ici particulièrement à la galerie du Shopping. Bref, à l’aube des échéances électorales, il est temps de prendre le problème de la dynamisation commerciale à bras le corps sous peine de perdre tout le bénéfice de l’opération de revitalisation du cœur de ville.

samedi, décembre 24, 2011

Paix et amour, c'est Noël

La fête de Noël est souvent synomyme de paix et de fraternité. Apparemment, ce n'est pas le cas dans la famille socialiste puisque je viens de recevoir une carte de voeux qui en dit long sur l'ambiance qui règne en cette veille de la nativité au PS. Et oui, comme nous le disons depuis l'arrivée de Rudy Demotte, on peut avoir une belle vitrine avec le Ministre-Président, ce n'est pas pour cela que l'arrière-boutique du magasin est agréable. Hélas pour Tournai, notre ville vit au rythme des querelles personnelles et politiciennes.

Au fait, pour ceux qui en doutaient, je ne suis pas encore mort et j'ai bien l'intention de me faire entendre encore un peu.

jeudi, novembre 10, 2011

L'éloge du vide et de la médiocrité

Plus rien ne nous sera épargné à Tournai. Alors que notre ville fait face à d'importants problèmes de sécurité, je remarque à quel point le débat politique est pourri par la médiocrité et le vide. Quand je vois que les rumeurs pourrissent le paysage politique tournaisien (Cfr l'article sur Paul-Olvier Delannois et ses imprimés électoraux) et le vide intersidéral du débat politique, je suis écoeuré. Est-ce en prenant des mesurettes qui ne sont pas des solutions qu'on résoudra les problèmes à Tournai (gouvernance, sécurité,etc)? Est-ce en ramenant la politique de sécurité à un débat populiste et simpliste qu'on fait avancer les choses? Je ne crois pas.

Aujourd'hui, il n'y a plus que deux choses qui comptent à Tournai: Qui sera bourgmestre faisant fonction? Qui fera partie de la majorité et bénéficiera des postes pour pouvoir jouir des avantages de l'effet "Demotte" sans pour autant travailler à un projet de ville? Cela m'écoeure au plus haut point.

Il y a des jours comme cela où je ne suis pas fier de faire de la politique à Tournai.

Comme quoi, je ne suis pas le seul à en avoir marre: L'Avenir 12/11/2011

dimanche, octobre 16, 2011

Bilan de l'affaire Massy

Comme j’ai pu le dire lors du précédent article, l’ordonnance de la Chambre du Conseil de Tournai a clairement établi qu’il y avait une pression politique du Bourgmestre de Tournai, Christian Massy et de son conseiller de l’époque sur une employée communale. Bien que ceux-ci soient reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, ils bénéficient de la suspension du prononcé.

Pour moi, outre le fait que la Justice ait fait preuve d’une relative clémence, l’institution a quand même reconnu une faute politique grave, celle de la séparation des pouvoirs : via la pression sur l’administration dans un premier temps et, par la suite, à travers l’interview du Bourgmestre à No Télé qui nie la vérité judiciaire et donc ne respecte pas l’Etat de Droit.

Ce n’est pas un jugement de valeurs, c’est un fait. Cela valait-il une démission ? Je pense que oui (comme toute personne ayant commis une faute grave) mais je crois également que chaque famille politique doit prendre cette décision, en âme et conscience, lorsqu’il s’agit d’un de ses membres. Ce sont les citoyens qui, au final, jugeront.

Je comprends donc le raisonnement de Rudy Demotte qui juge qu’il ne doit pas se faire juge à la place des juges (la Justice a été clémente donc le politique doit l'être aussi) mais j’ai néanmoins l’impression, selon mes informations, que les querelles entre les personnes ont joué un grand rôle dans cette décision. Je prends acte, je ne juge pas. Qui serais-je d'ailleurs pour le faire?

La bonne gouvernance et l’éthique en politique doivent-elles être traitées par la sphère politique avec pragmatisme ou radicalisme ? Chacun aura son intime conviction sur le sujet. Et vous ?

Désormais, j'espère que ces petits jeux politiciens de querelles entre les personnes cesseront pour passer au débat sur le projet de ville. L'essentiel du débat politique n'est-il pas là? Je pense que chacun doit être garant de cette sérénité.

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